| La Frondeuse |
Instigatrice de la première
Fronde à laquelle elle amène son frère Armand mais
pas Louis qui reste fidèle à la cour et ce sera lui qui matera
cette première révolte des princes.La seconde Fronde est
également de ses oeuvres et ici Louis la rejoint dans l'aventure.
Il y entraîne même Turenne A la suite de l'arrestation de son
mari et de ses frères, elle dut se réfugier à Chantilly
mais se garda de le faire et se cacha dans une petite maison du Faubourg
St Germain. Quelques fidèles des princes vinrent la rejoindre et
toute la petite clique s'en vint pour la Normandie. Si certaines villes
leur refusèrent l'hospitalité c'est finalement de Dieppe
que vint le secours. Mais c'était sans compter avec la réaction
du Roi et de la Régente. Ceux-ci prirent la tête d'une armée.
D'acclamations en réjouissances, la Normandie restera fidèle
au Roi. Sauf Dieppe bien sûr. Assiégée dans la ville,
Anne-Geneviève ne vit son salut que dans la fuite. Un navire devait
l'emmener en Angleterre (sauf que le capitaine était à la
solde de Mazarin et l'aurait livrée).
La tempête l'empêche de monter à
bord et c'est au couvent de Tourville qu'elle trouve refuge. Déguisée
et avec l'appui des nobliaux locaux elle finit par embarquer sur un navire
anglais à destination de la Hollande en prétendant être
un chevalier poursuivit pour faits de duels. A Rotterdam, elle reprit l'allure
de princesse qu'elle avait mise de côté pendant les quinze
jours que durèrent son expédition. Rejointe par Turenne c'est
de Stenay qu'elle dirige l'offensive contre Mazarin.
Elle était amoureuse de la Rochefoucauld
qui l'utilisait pour avoir une influence sur son frère le Grand
Condé et ainsi gagner des honneurs pour lui-même.
Une alliance est signée avec l'Espagne.
Celle-ci souligne "l'aversion obstinée de Mazarin a pour la paix
des deux Couronnes." Pour Mazarin c'est la disgrâce. "Il
ne reste plus à M. le Prince que de se faire sacrer à Reims."Lors
de la Fronde, elle prit le parti de son frère Louis, le Grand Condé
et fit de l'hôtel de ville son quartier général après
le départ de la famille royale pour Saint-Germain. C'est là
qu'elle donna le jour à son fils, Charles-Paris d'Orléans
dont le père était certainement son amant La Rochefoucauld.
Elle parvint à entraîner Turenne dans la Fronde, lui aussi
était amoureux d'elle.
Mais en se réfugiant en Guyenne avec le
duc de Nemours elle se brouille avec La Rochefoucauld. 1663, abandonnée,
veuve et en disgrâce, elle décide d'entrer en religion. Elle
devient alors la protectrice des jansénistes et terminera sa vie
dans la dévotion dans plusieurs carmels. Tantôt à Port-Royal
des Champs tantôt au faubourg Saint-Jacques. |

| Le carmel et l'éducation |
Elevée avec rigueur chez les carmélites,
elle entre dans le monde à 16 ans.
D'abord destinée à l'Eglise, elle
decida de jeter aux oubliettes le cilice qu'elle portait sous ses habits
de bal et jouït pleinement des plaisirs de son époque.
Elle devient bien vite une assidue de l'Hôtel
de Rambouillet, le salon très à la mode.
Comme son frère le Grand
Condé, elle était fière et plein d'orgueil, mais
aussi méprisante et ivre de gloire et de puissance. Elle fréquentait
assidûment le carmel ce qui ne l'empêchait pas d'aimer l'intrigue
et l'amour du plaisir. Déjà très fière d'elle-même,
l'admiration qu'elle suscitait fini par la convaincre qu'elle était
au-dessus de l'humanité.
"Elle n'eût eu que peu de
défauts si la galanterie ne lui en eût donné beaucoup"
(Saint-Simon) |
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| La haine des Jésuites |
| Son aversion pour les Jésuites proviendrait
d'un épisode de son enfance lorsqu'elle avait préparé
pour son frère le duc d'Enghien, une petite comédie. Les
Jésuites interdirent au jeune prince de s'y rendre sous prétexte
de ne pas l'exposer aux tentations de la chair |
| Henri II duc de Longueville |
| Son mariage en 1642 avec le duc de Longueville
qui n'est que prince du sang alors qu'elle fait partie des princes royaux,
est une déception. Mais le vieux duc est riche ce qui arrange un
peu les choses. |
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Sous la gravure ci-dessus:
Anne-Geneviève de Bourbon,
duchesse de Longueville et d'Estouteville, Princesse & Souveraine de
Neufchastel et Wallinguen en Suisse. Fille unique de Henri Ier Prince de
Condé, premier prince du sang.1er Pair et Grand Maistre de France,
Duc d'Anguien. Et de Charlotte-Margueritte de Montmorancy. Nasquit le 28
aoust 1620. Epouse le 2 juin 1642 Henry d'Orléans 2ème du
nom, Duc de Longueville, Prince et gouverneur pour le Roi en Normandie
duquel mariage sont issus Jean Louis Charles d'Orléans, comte de
Dunois gouverneur en survivance de Normandie. Et Charles Paris d'Orléans
Comte de St Paul aussi gouverneur dudit pays en survivance. |
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| Les armes de Longueville |
| Une jolie demoiselle |
Elle passa son enfance dans une atmosphère
de conspirations alors que ses parents sont prisonniers à Vincennes.
Magnifiquement belle, grande, intelligente et romanesque, elle aura toujours
des hommes autour d'elle prêts à toutes les aventures. Déjà
à un an elle est fiancée au fils du Balafré, le prince
de Joinville.
Avec ses cheveux blonds cendrés, elle
avait hérité des yeux turquoises de sa mère. Toutes
deux avaient le teint parfait et faisaient la joie des salons. Malheureusement
elle gâchait ses atouts par une hygiène déplorable.
Elle sentait mauvais et était toujours sale. |
| Charles-Pâris, son fils |
Charles-Paris comte de Saint-Paul, duc de Longueville
qui fut tué au passage du Rhin en 1672.
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