
| Louis-Joseph
(1736-1818)
Grand Maître de la maison du Roi. Ses parents: Louis-Henri I
et Caroline de Hesse
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lui qui fit construire le Palais-Bourbon et y déménage lorsqu'il
fait démolir l'Hôtel de Condé pour y faire construire
le théatre de l'Odéon. Lieutenant-Général des
armées en 1758, il administrera la Bourgogne après avoir
participé à la guerre de Sept Ans où il sera comptera
à son actif les rares victoires françaises à Grüningen
et à Johannisberg (1762).
Il se confina ensuite en son château de Chantilly où il reçoit très bien, en 1777 un ecrivain de passage note que Louis-Joseph et huit de ses amis sont servis à table par une cohorte de 25 valets et accompagnés par un orchestre entier. Ami du marquis de Sade, Louis-Joseph sera le parrain de son fils Louis-Marie qui sera baptisé dans la chapelle privée des Condé à Chantilly. Bien que passant pour un prince libéral, il s'opposa en 1789 au doublement du Tiers-Etat. Il émigra d'abord aux Pays-Bas puis à Turin et enfin à Worms. Le 15 Juillet 1789, le comte d'Artois (le futur Charles X) donne le signal de l'émigration. Le suivent: Louis-Joseph, Louis-Henri II, Louis-Antoine, le prince de Conti, la princesse de Polignac et des Rohan. Pendant la Révolution et le règne de Napoléon, il organisa le résistance en prenant la tête des armées émigrées, mais ces campagnes ne seront jamais très importantes car les alliés désirent garder le contrôle des opérations face à Napoléon. Voici la déclaration qu'il fit à la noblesse: "Depuis un an, j'ai quitté ma patrie; je dois exposer aux yeux de l'Europe les motifs qui m'ont forcé d'en sortir. Le peuple français est égaré par des factions, mais il ouvrira les yeux, ce peuple bon; il rougira des crimes que l'intrigue et l'ambition des ses chefs lui ont fait commettre. Il relèvera des ses propres mains le trône de ses rois ou je m'ensevelirai sous les ruine de la monarchie. La noblesse est une: c'est la cause de tous les princes, de tous les gentilshommes, que je défends; ils se réuniront sous l'étendard glorieux que je déploierai à leur tête. Oui, j'irai malgré l'horreur que doit naturellement inspirer à un descendant de Saint Louis l'idée de tremper son épée dans le sang des Français, j'irai à la tête de la noblesse de toutes les nations et suivi de tous les sujets fidèles à leur roi, qui se réuniront sous mes drapeaux, j'irai tenter de délivrer ce monarque infortuné." Mai 1796 il fit demander à Louis-Philippe
d'Orléans de le rejoindre dans l'armée de Condé. Mais
celui-ci ne voulant pas combattre contre ses frères d'armes refusa
de répondre à la demande. En 1799 après le traité
de Campoformio il se met au service du Tsar. Après le traité
de Lunéville, son corps d'armée est dissous et il se retire
en Angleterre. De Londres, il envoie à
son petit-fils, le duc d'Enghien des instructions belliqueuses. Ensemble
avec son fils Louis-Henri, Louis-Joseph n'a pas encore compris que les
temps avaient changés. A Wanstead, vêtus de vieux vêtements,
ils suivent encore tout le rituel de l'ancienne cour. Ils logent dans de
sombres hôtels, servis par une domesticité qu'ils n'arrivent
pas à payer. Pour tenir leur rang les Condé reçoivent
de Georges III d'Angleterre 675 livres pour eux-deux. Ce qui est plus que
les Orléans mais moins bien sûr que pour le comte d'Artois.
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