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Les Aventures des 
Bourbon-Condé & 
Bourbon-Conti
The Adventures of the 
Bourbon-Condés &
Bourbon-Contis
François-Louis (1664-1709)
Prince de La Roche-sur-Yon. "Grand Capitaine"

Ses parents: Armand et Anne-Marie Martinozzi Son frère: Louis-Armand. Il épouse en 1688 Marie-Thérèse de Condé dont il aura sept enfants dont: Marie-Anne et Louis Armand II.

Un Prince bougre.
C'est le boute-en-train de la famille. très tôt orphelin, il est sous l'aile protectrice de son oncle le Grand Condé. Habitué de Chantilly il y cotoie ses cousins Condé qui ont le même âge.
Homosexuel notoire, il fit partie d'un club de débauchés. Y figuraient entre autres, le comte de Vermandois et le duc d'Orléans ainsi que le chevalier de Lorraine. On se réunissait dans les catacombes. Lorsque le jeune comte de Vermandois, fils légitimé de Louis XIV, fut introduit dans ce cercle en 1682 (à l'âge de 13 ans), il dût signer une déclaration selon laquelle il jurait obéissance aux règles de la confrérie. Nul doute que François-Louis fit de même. Ci-contre le texte de la déclaration.Au moment de signer le prince demande l'encre."Non point d'encre Monseigneur, lui dit le chevalier de Lorraine. Mon sang, alors? Mais non! Votre semence, Monseigneur! Allons, il faut vous manuéliser."Et comme annoncé, le chevalier prend le jeune prince, qui une fois la première douleur passée se pâme de plaisir. Le jeune Vermandois change, on le croit amoureux et le roi, curieux, le fait suivre... Et le pot aux roses est découvert. On y haïssait les femmes et ils se retrouvaient dans les bordels où ils sodomisaient les filles et leur infligeaient des pratiques sadiques. Lorsque le roi apprit l'existence de ces pratiques, sa colère fut immense. Confondu, Vermandois doit avouer et donne les noms. Tout ce beau monde se retrouve bien vite en exil. La fête n'aura duré que quelques mois.
Prête oreille, jeune homme, aux clauses du marché Qu'il te faudra conclure Si tu veux être aimé. Cette loi est secrète, tu la devras celer Sous peine de trahir et de le cher payer Du monde l'indicible tourment Les femelles seront chassées, La Règle sera le ferment D'un ordre du vice épuré, Aux cons, aux seins renonceras Pour de semence t'abreuver Et du dieu vit tu deviendras, Adorateur des plus zélés. Afin de sceller ton serment Sur cet écrit déchargeras, Tandis que par le fondement Le sieur parrain te pointera. Alors tout sera dit, tout sera consommé, Et tu pourras siéger parmi les initiés Heureux par ce moyen à jamais d'échapper Aux femmes assassines de vérole infestées.
Louis XIV avait pour François-Louis, une profonde antipathie à cause aussi de son engagement lorsqu'il était tout jeune au service des Turcs et des impériaux (1685). Nommé gouverneur du Languedoc puis peu avant sa mort commandant en chef en Flandre.Il est le seul à briller à la cour. Avec le duc de Chartres (le futur Régent) ils peuvent inquiéter le Roi. Trop heureusement doués, pour trop haute naissance. Il est également inséparable du Dauphin auprès de qui il a été élevé. Aussi le Maître veille-t-il à les garder tous deux à l'écart du gouvernement comme des champs de bataille. Condamnés à l'oisiveté. Fastueuse, flatteuse, fleurie, mais forcée. Protégé toute sa vie par le Grand Condé, celui-ci parviendra à la suite de son testament à obtenir le pardon du Roi. Mais cela ne s'arrangea jamais complètement car en dépit de sa brillante conduite dans les différentes campagnes militaires, en particulier Namur 1692, Steinkerque 1693 et Neerwinden 1693 sous les ordres de Luxembourg, il ne dépassera pas le grade de lieutenant général qu'il obtint en 1692.
Louise-Françoise, (fille de Louis XIV épouse de son cousin Louis III)
Le frondeur, l'insolent, le parent haï jalousé. redouté du Roi, le jeune rival dont l'éclat porte ombre au Soleil. Il est recherché de tous, dès qu'il arrive, la plus illustre, la plus importante compagnie s'assied en cercle autour de lui jusqu' à en oublier les moments officiels auprès du Roi. Poli, discret, il a toutes les dames et tous les hommes tant il est coquet et se met merveilleusement à la portée de tous. Il chassait plume et poil indistinctement tant qu'on le disait comme César le mari de toutes les femmes et la femme de bien des hommes. Il n'aimait rien, avait et voulait amis et maîtresses comme on veut et on a des meubles. Avec cela, et quoiqu'il se respectât, bas courtisan, avare avide de bien, ardent, injuste.A force de ne pas y penser, il s'éprend de sa cousine. Au grand dam du Roi, qui ne souffre pas que sa fille aille s'amouracher de ce belâtre. Les amants sont très discrets et n'éveillent que des soupçons, point de certitudes. Cela suffit au Roi de haïr davantage encore l'audacieux. Pas moyen de venir à bout de cet homme-là.
Steenkerque 1692
Le Royaume entier encense son génie militaire depuis qu'en1692, devant Steinkerque, il eut deux chevaux tués sous lui plus un de blessé. Toute la gloire de la victoire lui revint. Le combat de Steenkerque (Hainaut) fut un des plus sanglant du siècle. Les troupes françaises du maréchal de Luxembourg comprenaient entre autres les régiments de cavalerie de la Maison du Roy où se retrouvaient les princes royaux. Du duc de Bourbon, et du duc du Maine, le bâtard chéri, qui servaient comme leur cousin sous les ordres de M. le Prince, on ne dit seulement mot. Le combat restera célèbre pour avoir été une attaque surprise des troupes alliées du roi d'Angleterre Guillaume III d'Orange. La précipitation et la panique dans les rangs français ne permirent pas aux officiers de s'habiller correctement et ne firent qu'un simple noeud dans leur cravate. De retour à Paris, il sera de bon ton de nouer sa cravate à la "Steinkerque". Il est aussi à noter que ce fut le dernier combat des mousquetaires. Les fantasins français délaissèrent leurs vieux mousquet pour prendre à l'ennemi ses fusils qui se rechargeaient deux fois plus vite. Ayant compris la superiorité de l'armement allié, le maréchal de Luxembourg ordonna d'attaquer à la baionnette, arme nouvelle qui fit des ravages dans les rangs ennemis et compte pour beaucoup dans le bilan extrèmenent élevé des tués, quelques 15000. Mais Steenkerque est une victoire sans lendemain, n'ayant pu et n'ayant pas voulu poursuivre les troupes ennemies en déroute, les Français devront tout recommencer plus tard. Outre les princes déjà mentionnés, il faut également compter dans les rangs de la Maison du Roy avec la présence du duc de Chartres (futur Régent) et Louis de Vendôme mais c'est François-Louis qui joui de tous les honneurs à son retour. Le Roi en fut si aigri que l'an suivant il refusa à Conti tout commandement en rapport avec ses mérites, et depuis lors le garde sur la touche. On en murmure fort, au palais comme aux armées. Le Roi voudrait étouffer, estropier, abêtir, ce héros qui ne lui doit ni sa fortune, ni son rang, et moins encore sa gloire! Mais comment réduire un prince qui fait les constantes délices du monde, de la cour, des armées, qu'on voit la divinité du peuple, l'idole des soldats, le héros des officiers, l'âme et le conseil du Dauphin, l'ami des savants ?
La Pologne
Il faut une raison au Roi pour éloigner cet astre qui brille à sa cour. Ce sera la couronne élective de Pologne. François-Louis traine des pieds. Il ne veux quitter la France ni surtout sa dulcinée.Le Roi fait tant et plus pour le convaincre:"Allons, Monsieur! Un homme de votre rang et de votre mérite, traîner les pieds comme une recrue forcée! Me direz-vous qu'à vos yeux le brillant d'une couronne ne prévaut pas sur les horreurs de l'expatriation? Non, je ne puis croire que vous préfériez attendre de régner par Monseigneur, (le Dauphin) qui goûte tant vos lumières. Car je ne doute pas que vous n'aimiez assez pour me souhaiter encore un quart de siècle de pleine santé... N'est-il pas vrai, Monsieur?" Sa Majesté raille, c'est sûr, mais comment répondre?
Louis XIV voulut aussitôt traiter son cousin en roi, mais l'autre le supplia de n'en rien faire avant que son trône fût assuré. Cette modestie ne trompa personne. Conti n'avait aucune envie de quitter la France et ses amours, fût-ce pour ceindre une couronne. La cour déplorait son départ, car Conti faisait ses délices ; l'arrnée le regrettait amèrement; la duchesse de Bourbon s'affligeait; son mari Louis III était partagé entre le dépit d'une pareille ascension et le soulagement bien naturel chez un mari trompé de voir son rival en partance pour l'autre bout de l'Europe.

Le 3 août 1696 sonnent les adieux. Les partisans, en Pologne, s'impatientent et craignent un coup de main de l'électeur de Saxe. Conti part donc avec deux millions qu'il a reçu du Roi, plus quatre cent mille francs à emporter avec lui, et encore cent mille pour son équipage. 
Conti prit la route de Dunkerque et perdit en cbemin, à cause d'un coffre mal fermé, deux mille louis du trésor confié par Louis XIV. L'affaire s'engageait mal. Jean Bart l'attendait à Dunkerque, avec une flotte anglaise en embuscade devant le port. Le marin, au faîte de sa gloire, promit au royal voyageur de le conduire à bon port. Ses cinq frégates semèrent neuf vaisseaux anglais. Il espère tant que l'entreprise échoue que le sort l'aide, les vents mauvais et les vaisseaux ennemis retardent fort le train. Il ne touche au port qu'à la fin de septembre. 

La flottille toucha sans problème Dantzig, qui s'était déclarée pour l'Electeur de Saxe. Frédéric-Auguste tenait déjà Cracovie avec ses troupes saxonnes et ses partisans polonais. Le parti de l'électeur de Saxe a arrosé les campagnes, distribuant tant et plus aux notables. Le 5 septembre, à Cracovie, l'électeur de Saxe s'est fait sacrer avec l'appui du Tsar Pierre I.
François-Louis refusant de débarquer puisque ses ennemis lui refusent des vivres et même de laisser accoster ses bateaux?  Ses propres partisans vinrent lui rendre hommage sur sa frégate. Leurs façons vigoureuses froissèrent les sensibilités françaises. Un des genrilshommes de la suite de Conti, qui relevait d'une grave maladie, s'excusa de ne point vider sa coupe au rythme polonais. Conti lui-même insista pour qu'on le laissat en paix. Les Polonais hurlèrent en coeur  « Bitay, ut morritur! » («Qu'il boive, et qu'il meure »), et ils lui vidèrent de force sa coupe dans la gorge. Ces manières n'étaient pas faites pour mettre du baume sur le coeur mélancolique d'un prince amoureux.

François-Louisi, qui ne cherchait que des raisons de rentrer les trouva en suffisance. L'abbé de Polignac avait tant promis qu'il était impossible de tout tenir. Dantzig restait hostile. 
Quarante-deux jouis après son arrivée, le prince ordonna à Jean Bart de lever l'ancre. Le record de brièveté d'Henri d'Anjou était largement battu. Le roi élu de Pologne n'avait même pas osé poser le pied sur le sol de son royaume. 

Le 13 décembre, il est de retour. Le Roi est fort aigri de le revoir. Il est épuisé; mais la joie de retrouver la duchesse de Bourbon le rend insensible à tout le reste.

Atteint par la goutte (comme son oncle le Grand Condé), et souffrant de syphilis, il ne joua plus de rôle important si ce n'est bien sûr dans les coeurs des dames. Ironie du sort c'est au moment où il rentre un peu en grâce auprès de Roi qu'il s'éteint le 22 février 1709 d'une maladie de langueur qui le minait depuis plusieurs mois. Il avait émis le désir de reposer aux côté de sa mère pour laquelle il avait une extrème vénération. Il résidait en son domaine de l'Isle-Adam.


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