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Henri-Jules (1643-1709)
Duc d'Albret

Ses parents: Louis II, le Grand Condé et Claire-Clémence de Maillé-Brézé
De son mariage en 1663 avec Anne-Henriette de Bavière (Pfalz-Simmern) (1648-1723), princesse Palatine du Rhin, il aura dix enfants, dont: Louis III et Anne-Louise-Bénédicte.


 
Année Evènement Âge
1643 Naissance
1663 Mariage avec Anne-Henriette, Princesse Palatine 20
1709 Décès 66

 
 

 
 
Bizarre, très bizarre !
Prince anorexique, difforme, débauché et brutal c'est un déséquilibré notoire. Il court après les faveurs tant qu'il peut. Flatte, caresse, rampe même aux pieds du Roi pour obtenir quelque privilège. Son père, le Grand Condé l'aimait tendrement malgré ou à cause de ses faiblesses. Etrange figure, et des plus inquiétantes. D'autres qualificatifs encore: hautain, violent et agité. Un réel contraste avec son épouse. C'est un mari détestable et un père cruel. C'est une tyran.

 

 
Condé le Fol:
Il rentrera en France avec son père après la signature du traité des Pyrénées.
Il partage le temps de la Fronde la vie aventurière de sa mère. Bien que montrant beaucoup de bravoure lors des campagnes militaires de son père, il n'est pas possible vu sa maladie de lui confier un commandement, bien qu'il ait le titre de maréchal de camp puis de lieutenant général. Plus versé dans les arts que dans la chose militaire, il ne s'illustrera pas sur les champs de bataille mais se consacrera à l'embellissement de Chantilly. 
En 1663 il reçoit du roi de Pologne Casimir V, le royaume de Suède et le grand-duché de Lithuanie. Brigadier de cavalerie il se distingue au passage du Rhin. Puis à Seneffe en 1674. 
En 1685 le Roi confisque au roi d'Espagne le comté de Charolais. Il y a là des richesses à obtenir et Henri-Jules parvient à se les approprier. Il débaptise alors sa fille Louise-Bénédicte qui sera alors nommée Melle de Charolais.

Il participe également aux campagnes de Flandre (1693).


 
Anne de Bavière (1648-1723)
Elle est de taille moyenne, et a ces belles rondeurs que donnent les grossesses successives. Si d'aucuns la trouvent un peu laide voire bossue, son extérieur simple et agréable la rend directement sympathique. Elle est douce, éffacée et modeste. Pauvre créature sans défense, elle est cloîtrée dans son hôtel (aujourd'hui Théatre de l'Opéra)
Anne de Bavière  (1648-1723)

 
Le repas des morts
Ainsi la fois où il se crut tout de bon trépassé. A-t-on besoin de nourriture outre-tombe?
Le prince jeûnait avec application. Pas moyen de l'en dissuader. Si l'on n'avait trouvé une ruse, il fut effectivement mort de faim. Par bonheur, deux de ses valets de chambre, Girard et Richard, imaginèrent de se couvrir de draps et d'entrer ainsi troussés dans sa chambre, l'un sous le nom du feu maréchal de Luxembourg et l'autre sous celui de son grand-père. Après une conversation qui roula sur le pays des morts qu'il était venu habiter avec eux, ils le prièrent à dîner chez le défunt maréchal de Turenne, où ils comptaient se rendre. Surprise. Comment? mangeait on donc chez les morts? Certes oui, lui soutinrent les complices. et de bon appétit. Enchanté, car il avait au fond grand faim, Henri-Jules suivit ses visiteurs dans un souterrain en l'hôtel de Condé où il trouva... le maréchal de Turenne, encapuchonné à l'image de ses hôtes. Les convives se mirent à table, bâfrèrent gaiement et devisèrent de même, servis par des domestiques couverts de draps blancs. Tant que dura cette étrange lubie, on mena M. le Duc deux fois le tour dans le souterrain, afin qu'il y pût prendre ses repas chez tous les grands hommes de sa connaissance qui étaient morts. 
La folie
Si le Roi avait dans l'esprit autre chose que le rang pour ce qui regarde le mariage de ses bâtardes, il hésiterait à confier sa fille au rejeton d'un pareil personnage. C'est que l'homme est fou et bien fou à ses heures, qui avec l'âge deviennent le plus clair de son temps. A Chantilly où lui poussent dans l'esprit les ailes d'une chauve-souris, il a fait lambrisser et plafonner de grosse toile son cabinet de repos dans la crainte que, demeurant dans sa chambre, il ne vînt à s'y meurtrir en voletant contre les murs et le plancher. En son hôtel de Versailles, il s'imagine qu'une fée l'a changé en plante, exige de ses valets qu'ils l'arrosent, et les bat s'ils ne s'exécutent. Lorsque soudain sa manie le prend, il n'y a d'autre moyen de s'en rendre maître que de rentrer dans son jeu. Ses gens le savent, qui rivalisent d'habileté pour le réduire à raison. Dans sa maison, ce caractère déroutant passe pour emportement et vivacité excessive. 

 

 
La famille
Son épouse et continuelle victime cache ses ecchymoses sous ses coiffes, ses filles regrettent la condition des esclaves, mais la honte et la peur cousent leurs bouches. A la cour aussi, ses saillies terrifient plus qu'elles ne divertissent. 
On le voit tous les soirs, mort de fatigue, dormir sur un tabouret attendant de faire quelques ronds de jambes devant sa majesté. Espérant l'une ou l'autre faveur. On baisse le regard et on tâche d'oublier que ce petit homme maigre qui aboie silencieusement au coucher de Sa Majesté, le cou tendu et la bouche déformée par l'effort, sera à la mort du Grand Condé son père le premier prince du sang du Royaume.Devant le Roi seul, le malheureux parvient à se contraindre; la majesté du Maître rayonne si ardemment, force irresistiblement le respect, qu'elle en impose même à sa démence. M. le Duc hurle comme chien ou loup, selon l'inspiration du moment, mais sans un bruit. Le Roi le salue avec sa courtoisie coutumière, sans que jamais rien dans son attitude dénote qu'il ait seulement remarqué le pitoyable manège. Hors cette présence magique, hélas, les extravagances du prince ne connaissent pas de frein. Que son vaurien de Louis III soit gendre de Sa Majesté ne contente point le fils de feu le Grand Condé; il lui faut tisser d'autres liens encore. Ses filles sont quasi naines. Si petites que la duchesse de Bourbon, leur belle-soeur, les surnomme les "poupées du sang "? Qu'importe? Quand on est né Condé, a-t-on besoin d'appas?

 
La chasse au lapin
Un jour l'on ferma les grilles du jardin du Luxembourg aux habitués car les serviteurs du prince devaient lui faire la chasse un jour qu'il se croyait lapin.


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