| Bizarre, très bizarre ! |
| Prince anorexique, difforme, débauché
et brutal c'est un déséquilibré notoire. Il court
après les faveurs tant qu'il peut. Flatte, caresse, rampe même
aux pieds du Roi pour obtenir quelque privilège. Son père,
le Grand Condé l'aimait tendrement malgré ou à cause
de ses faiblesses. Etrange figure, et des plus inquiétantes. D'autres
qualificatifs encore: hautain, violent et agité. Un réel
contraste avec son épouse. C'est un mari détestable et un
père cruel. C'est une tyran. |
| Condé
le Fol: |
Il rentrera en France avec
son père après la signature du traité des Pyrénées.
Il partage le temps de la Fronde la vie aventurière
de sa mère. Bien que montrant beaucoup de bravoure lors des campagnes
militaires de son père, il n'est pas possible vu sa maladie de lui
confier un commandement, bien qu'il ait le titre de maréchal de
camp puis de lieutenant général. Plus versé dans les
arts que dans la chose militaire, il ne s'illustrera pas sur les champs
de bataille mais se consacrera à l'embellissement de Chantilly.
En 1663 il reçoit du roi de Pologne Casimir
V, le royaume de Suède et le grand-duché de Lithuanie. Brigadier
de cavalerie il se distingue au passage du Rhin. Puis à Seneffe
en 1674.
En 1685 le Roi confisque au roi d'Espagne le
comté de Charolais. Il y a là des richesses à obtenir
et Henri-Jules parvient à se les approprier. Il débaptise
alors sa fille Louise-Bénédicte qui sera alors nommée
Melle de Charolais.
Il participe également aux campagnes de
Flandre (1693). |
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Elle est de taille moyenne, et a ces belles rondeurs
que donnent les grossesses successives. Si d'aucuns la trouvent un peu
laide voire bossue, son extérieur simple et agréable la rend
directement sympathique. Elle est douce, éffacée et modeste.
Pauvre créature sans défense, elle est cloîtrée
dans son hôtel (aujourd'hui Théatre de l'Opéra) |
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Anne de Bavière (1648-1723)
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| Le repas des
morts |
Ainsi la fois où il se crut tout de bon
trépassé. A-t-on besoin de nourriture outre-tombe?
Le prince jeûnait avec application. Pas
moyen de l'en dissuader. Si l'on n'avait trouvé une ruse, il fut
effectivement mort de faim. Par bonheur, deux de ses valets de chambre,
Girard et Richard, imaginèrent de se couvrir de draps et d'entrer
ainsi troussés dans sa chambre, l'un sous le nom du feu maréchal
de Luxembourg et l'autre sous celui de son grand-père. Après
une conversation qui roula sur le pays des morts qu'il était venu
habiter avec eux, ils le prièrent à dîner chez le défunt
maréchal de Turenne, où ils comptaient se rendre. Surprise.
Comment? mangeait on donc chez les morts? Certes oui, lui soutinrent les
complices. et de bon appétit. Enchanté, car il avait au fond
grand faim, Henri-Jules suivit ses visiteurs dans un souterrain en l'hôtel
de Condé où il trouva... le maréchal de Turenne, encapuchonné
à l'image de ses hôtes. Les convives se mirent à table,
bâfrèrent gaiement et devisèrent de même, servis
par des domestiques couverts de draps blancs. Tant que dura cette étrange
lubie, on mena M. le Duc deux fois le tour dans le souterrain, afin qu'il
y pût prendre ses repas chez tous les grands hommes de sa connaissance
qui étaient morts. |
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| La folie |
| Si le Roi avait dans l'esprit autre chose que
le rang pour ce qui regarde le mariage de ses bâtardes, il hésiterait
à confier sa fille au rejeton d'un pareil personnage. C'est que
l'homme est fou et bien fou à ses heures, qui avec l'âge deviennent
le plus clair de son temps. A Chantilly où lui poussent dans l'esprit
les ailes d'une chauve-souris, il a fait lambrisser et plafonner de grosse
toile son cabinet de repos dans la crainte que, demeurant dans sa chambre,
il ne vînt à s'y meurtrir en voletant contre les murs et le
plancher. En son hôtel de Versailles, il s'imagine qu'une fée
l'a changé en plante, exige de ses valets qu'ils l'arrosent, et
les bat s'ils ne s'exécutent. Lorsque soudain sa manie le prend,
il n'y a d'autre moyen de s'en rendre maître que de rentrer dans
son jeu. Ses gens le savent, qui rivalisent d'habileté pour le réduire
à raison. Dans sa maison, ce caractère
déroutant passe pour emportement et vivacité excessive. |
| La famille |
Son épouse et continuelle victime cache
ses ecchymoses sous ses coiffes, ses filles regrettent la condition des
esclaves, mais la honte et la peur cousent leurs bouches. A la cour aussi,
ses saillies terrifient plus qu'elles ne divertissent.
On le voit tous les soirs, mort de fatigue, dormir
sur un tabouret attendant de faire quelques ronds de jambes devant sa majesté.
Espérant l'une ou l'autre faveur. On baisse le regard et on tâche
d'oublier que ce petit homme maigre qui aboie silencieusement au coucher
de Sa Majesté, le cou tendu et la bouche déformée
par l'effort, sera à la mort du Grand Condé
son père le premier prince du sang du Royaume.Devant le Roi seul,
le malheureux parvient à se contraindre; la majesté du Maître
rayonne si ardemment, force irresistiblement le respect, qu'elle en impose
même à sa démence. M. le Duc hurle comme chien ou loup,
selon l'inspiration du moment, mais sans un bruit. Le Roi le salue avec
sa courtoisie coutumière, sans que jamais rien dans son attitude
dénote qu'il ait seulement remarqué le pitoyable manège.
Hors cette présence magique, hélas, les extravagances du
prince ne connaissent pas de frein. Que son vaurien de Louis
III soit gendre de Sa Majesté ne contente
point le fils de feu le Grand Condé;
il lui faut tisser d'autres liens encore. Ses filles sont quasi naines.
Si petites que la duchesse de Bourbon, leur belle-soeur, les surnomme les
"poupées du sang "? Qu'importe? Quand on est né Condé,
a-t-on besoin d'appas? |
| La chasse au lapin |
| Un jour l'on ferma les grilles du jardin du Luxembourg
aux habitués car les serviteurs du prince devaient lui faire la
chasse un jour qu'il se croyait lapin. |
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