| Le dernier
Condé |
n
conflit permanent avec sa mère qui professait des idées libérales,
il a toujours été un conservateur traditionaliste.
Il fait sa première expérience
militaire à 16 ans au camp de St Omer. En 1789, à l'âge
de dix-sept ans, il rejoint l'armée émigrée de son
grand-père Louis-Joseph. L'armée de
son grand-père ayant été dispersée après
le traité de Lunéville, c'est en civil qu'il s'installe dans
le duché de Bade dans une ancienne propriété de sa
grand-mère, une Rohan. |
| L'arrestation. |
C'est le 8 mars 1804 que germa dans l'esprit
de Talleyrand l'idée de l'arrestation du duc. Quinze jours avant
son excécution.
Le 10 mars, lors du conseil, Talleyrand propose
à la suite de la conspiration de Cadoudal, de procéder à
la mise hors course du duc d'Enghien. A ce conseil, sont présents:
Talleyrand, Cambacérès, Fouché ainsi que Lebrun et
Règnier. La présence supposée (et avérée
fausse ) du général Dumouriez aux côtés de Louis-Antoine
à Ettenheim en territoire Badois renforça le côté
urgent de l'affaire. Seul Cambacérès s'y opposa. Une opinion
serait que Talleyrand et Fouché auraient par ce crime entrainé
Napoléon dans les leurs et ainsi ne plus se voir reproché
leur passé révolutionnaire.
Le 11 mars, Talleyrand ordonne que deux petits
détachements se rendent maîtres de Louis-Antoine et du général.
Cette lettre équivaut à une condamnation capitale. Talleyrand
savait très bien la peine infligée à un émigré
ayant porté les armes contre la France: la mort. Déjà
du temps du Directoire, Talleyrand avait formulé le projet de regrouper
tous les Bourbons à Wesel et de s'en emparer.
Louis-Antoine est arrêté dans la
nuit du 14 au 15 mars par le général Ordener. Il est conduit
à Strasbourg, y subit un interrogatoire et est ensuite amené
à Paris, où il arrive le 20 mars.
C'est Murat qui organisa le procès qui
doit se tenir à Vincennes. |
| La dernière demeure. |
Le corps du duc fut jeté dans une fosse
au pied du pavillon de la reine au château de Vincennes.
Une colonne en marque encore aujourd'hui l'emplacement.
L'inscription qui y figure se traduit tout simplement par "Ici est mort..."
sans autre indication.
 |
| La colonne du Duc d'Enghien. |
En 1816, Louis XVIII fit exhumer ses restes et
les fit deposer dans la chapelle du château.d'abord dans la nef,
puis sur ordre de Napoléon III, dans une crypte sur le côté.
 |
| Le tombeau |
Remarquables sont les quatre personnages au dessus
du tombeau:
- le duc paraît beaucoup plus âgé
qu'il ne l'était en réalité. (31 ans) A la Restauration,
l'emphase fût mise sur le fait que le duc était posé
et sérieux et pas le réactionnaire fougeux et comploteur
pour qui les bonapartistes voulaient le faire passer
- La Religion qui guide le défunt vers
son destin.
- La France éplorée et enchaînée
- Le Crime qui dissimule son poignard et qui
est accompagné de ses serpents. |
|
| Un beau parti. |
| Un jour qu'on lui parlait de lui faire épouser
"Mademoiselle" (Eugénie-Adélaïde d'Orléans),
il déclara: "Je n'aime pas ce sang-là".
Le mariage, secret ou non, de Louis-Antoine avec
Charlotte
de Rohan-Rochefort semble peu certain. La
princesse de Rohan elle-même ne l'a jamais affirmé. |
| L'exécution |
Louis-Antoine est fusillé le 21 au soir.
Il n'est accompagnié d'aucun serviteur,
seul son chien Mohiloff le suit sur le lieu de l'exécution. |
| Les chiens de Vincennes |
Pendant plusieurs jour Mohiloff, le pauvre chien
du duc hurlera, jusqu'à ce que les habitants de Vincennes demandent
au gouverneur de la garnison de pouvoir le recueillir. (Il semblerait qu'à
la mort du chien celui-ci fut empaillé et aurait été
exposé lors d'une commémoration récente).
Aujourd'hui, régulièrement des
chiens imprudents se jetent du haut des remparts pour atterrir dans les
fossés de Vincennes. Ceux-ci, entraînés par leur maîtres
inconscients jouent à la balle et sautent par dessus le mur.
Cela arrive deux à trois fois par an.
Entre parenthèses, les fossés de
Vincennes sont aussi le royaume des chats qui y ont élu domicile. |
 |
| La chapelle de Vincennes |
|