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Les Aventures des 
Bourbon-Condé & 
Bourbon-Conti
The Adventures of the 
Bourbon-Condés &
Bourbon-Contis
Louis-Henri II (1756-1830)
Prince de Condé, duc de Bourbon.

Ses parents: Louis-Joseph et Charlotte-Godefride de Rohan-Soubise.
Son union en 1770 avec Marie-Louise (Bathilde) d'Orléans (1750-1822) lui donnera un fils: Louis-Antoine duc d'Enghien

Il a eu une enfance fort turbulente et se battit même en duel avec le comte d'Artois, le futur Charles X. Avec qui il partage même une maîtresse, la Duthé.
Son mariage avec Louise-Marie-Thérèse-Bathilde, qui était quatre ans plus âgée que lui, scelle la réconciliation entre les Condé et les Orléans. Lui-même âgé de quinze ans seulement fut jugé trop jeune pour consommer le mariage. Bathilde dut donc retourner au couvent mais le soir même, il alla l'enlever et acheva promptement sa victoire. 
Le duel en dentelles.
En 1778, à l'occasion d'un bal masqué, une altercation se produit entre Bathilde et le comte d'Artois. Une animosité latente règnait déjà depuis quelques temps, d'insultes en sous-entendus quant à d'éventuelles ou réelles infildélités des deux parts avaient tôt fait de créer un climat détestable. Ce jour de bal, Bathilde arrache le masque du comte, Celui-ci s'empresse de lui faire de même. Suprême insulte que le duc de Bourbon âgé de 22 ans se doit de venger. La scène de duel au Bois de Boulogne a l'air d'être d'un autre temps. Irréalité de la scène pousse les témoins à interrompre la  partie d'opérette car c'est bien de cela qu'il s'agit, la vengeance d'un honneur d'un autre temps. S'en suit une réconcilliation entre le comte et la duchesse qui fit sourire toute la Cour.
Louis-Henri II se séparera assez vite de son épouse (1780) Louise-Marie-Bathilde d'Orléansà cause d'une pièce de théâtre que Bathilde avait montée et où l'on se moquait des Condé. Louis-Henri et son père Louis-Joseph peu finauds n'avaient en fait pas compris les allusions mais furent vite mis au parfum et refusèrent tout accommodement avec les Orléans. Dans l'affaire des Parlements que menait son oncle Conti, Louis-Henri fut le premier à se rallier au Roi. Sous l'ancien régime, il lui sera confié le gouvernement de la Franche-Comté. Pendant la révolution, il participe aux opérations de l'armée de son père. Mais en 1792, il ne se résigne pas à servir sous les ordres de son père et s'en va lever une armée en Hollande.
En 1801, pendant l'épopée napoléoniènne, il mena une vie de grand libertin en Angleterre, il reviendra en France à la mort de son père en 1818. Il y vivait avec Sophie Dawes, une ancienne servante de brasserie qu'il avait marié à un officier de sa maison: le baron de Feuchères, en présentant sa maîtresse comme étant sa fille naturelle.
Revenu à la cour avec la qualité de Grand Chambelan, il eut eu à maintes reprises l'occasion de croiser Talleyrand, l'assassin de son fils, s'il avait fréquenté les Tuileries plus assiduement.
L'épouse de Caulaincourt sentant son devoir de s'expliquer avec lui sur les circonstances de la mort du duc d'Enghien, demande conseil à Talleyrand, lui aussi fort compromis dans l'affaire. Celui-ci la pria de ne rien faire car discréditer l'un serait accuser l'autre. Revenant à la charge, elle imagina de rencontrer quelqu'un de l'entourage du prince. Elle pensait à sa maîtresse, la baronne de Feuchère. "Penseriez-vous descendre aussi bas ?" fut la réponse de Talleyrand. Mais l'idée était sensée pour lui-même! Alphonse de Durfort, un intime de Louis-Henri servit d'intermédiaire. Comblé de prévenances par Talleyrand, il était tout prèt d'écouter ses justifications. Celui-ci parla d'une lettre (inexistante) qu'il aurait adressée au jeune duc pour le prévenir du danger qu'il courait. Durfort, très intéressé par cette nouvelle information, en était surpris aussi de la confiance qu'avait pour lui l'ancien dignitaire d'Empire. Sans se douter qu'il se faisait duper. Cela fut suffisant pour qu'une rencontresoit organisée entre l'ancien révolutionaire et la baronne. Elle fut reçue comme si elle était la princesse de Condé en personne. De l'entrevue, pas de détails, mais le résultat en fut que jamais Talleyrand ne dut répondre de son crime.

En 1794, pendant la Révolution, le caveau des Condé à Vallery fut violé et les restes furent jetés dans une fosse commune. Le duc les fit exhumer en 1822 et ils reprirent leur place dans le caveau famillial devant l'autel où une simple dalle de marbre gris marque l'emplacement.

L'héritage des Condé
Son fils ayant été fusillé par Napoléon, il n'avait plus d'héritier et la question de sa succession se posait. La branche des Orléans étant la plus proche, le futur roi des Français, Louis-Philippe convoitait cet héritage. La fortune du duc était considérable. Réunissant sur son nom tous les avoirs des familles Condé et Conti, il n'était pas étonnant que d'aucuns essayent de s'en emparer. A la mort de son épouse en 1822, la seule crainte du clan Orléans était que le prince se remariât. Son ami Feuchères avait finalement compris qu'il s'était fait avoir et quitta sa femme. 
Sophie Dawes, baronne de Feuchère
Celle-ci se vit interdire par Louis XVIII de reparaître à la Cour. Sophie prit par la suite de plus en plus de poids dans les décisions de Louis-Henri. Louis-Philippe d'Orléans obtint par son entremise que le prince soit parrain du petit duc d'Aumale. Si d'aventure le prince venait à mourir sans testament, toute sa fortune irait à la famille de sa mère: les Rohan-Guéménée. Louis-Henri n'avait pour ceux-ci que peu de sympathie. Tout léguer au duc de Berry était inutile car cela ne relèverait pas le titre des Condé. Il ne restait donc plus que les Orléans. Mais Sophie voulut bien sûr sa part du gâteau et négocia avec Louis-Philippe. S'étant fait extorquer un testament en faveur du duc d'Aumale (fils de Louis-Philippe) il fit le projet de fuir en Angleterre rejoindre les Bourbon en exil à la suite de l'avènement de Louis-Philippe qu'il considère comme un usurpateur; il menace alors de modifier son testament en faveur cette fois-ci du Comte de Chambord.
Le mieux est l'ennemi du bien ou la mort sensuelle.
La mort du dernier Condé a causé à l'époque de vives protestations quant à l'éventuelle implication du Roi Louis-Philippe. Rien ne permet d'affirmer que celui-ci soit directement impliqué, il est vrai par contre que le Roi des Français convoitait depuis longtemps l'héritage du dernier des Condé. A la prise du pouvoir par Louis-Philippe, Louis-Henri fait le projet de partir rejoindre Charles X en exil par fidélité aux Bourbon qui refusaient de cautionner les acquits de la Révolution et de L'Empire. 
La mort du dernier Condé
De ce fait, la chance était grande pour que l'héritier du prince soit alors le petit comte de Chambord. Ceci ne plut évidemment pas, ni aux Orléans ni à la maîtresse de Louis-Henri. Sophie Dawes qui avait une très grande emprise sur le prince verrait ainsi sa part du gâteau disparaître. Un accommodement était donc possible entre d'une part le Roi et d'autre part Sophie Dawes. Le Roi demanda et cela est établi que celle-ci évite part 'tous' les moyens que le prince de Condé ne s'exile en Angleterre. Tous les moyens ? Cela laisse rêveur sur les possibilités offertes à Sophie. Toujours au rayon des certitudes; le prince fut retrouvé pendu à l'espagnolette d'une fenêtre par deux mouchoirs noués. Sur son visage aucun signe de violence, dans la pièce nul désordre et la porte verrouillée de l'intérieur. Les pieds touchaient encore partiellement le sol et le noeud était fort lâche et ne serrait pas le cou. Il est à rappeler que le prince avait perdu trois doigts à la main droite lors de la bataille de Beristein en 1795, et, à cause d'une fracture à la clavicule, il ne pouvait plus lever le bras gauche. Quant au noeud lui même, il était savament réalisé et ne pouvait pas être l'oeuvre du prince.
La thèse du suicide:
Le verrou fermé de l'intérieur, personne n'a pu sortir de la pièce. Mais l'aversion du prince pour le suicide était connue et n'aurait apporté que la victoire à ses ennemis. Il avait donc tout intérêt à vivre le plus longtemps possible, à adopter éventuellement un fils à défaut de se remarier. En outre, son handicap ne lui permettait pas de pouvoir exécuter le noeud dans les mouchoirs.  Le fait aussi que sa porte n'était jamais fermée au verrou, peut être interprété comme une action anormale.
La thèse de l'assassinat:
C'est la version la plus communément admise mais elle se heurte à un fait étrange. La chambre n'était pas en désordre et aucune trace de violence ou de contrainte ne fût trouvée. Comme le montrent les gravures d'époque, le prince avait les bras ballants et non attachés comme on aurait pu s'y attendre dans le cas d'un assassinat. Les faits les plus probants pour étayer cette thèse en sont premièrement le rapport demandé par Louis-Philippe au baron Pasquier qui posait la question de l'éventuelle implication de la baronne dans la mort du prince et deuxièmement la révocation ou plutôt la mise à la retraite anticipée du magistrat s’occupant de l'affaire, lorsque celui-ci fit le projet d'assigner la baronne en cour d'assises.

Comment concilier les différentes options, il est clair qu'une troisième voie doit être trouvée. Ecartons-nous des éventuels commanditaires pour nous concentrer sur la personnalité des acteurs du drame. Le prince tout d'abord était très fougueux, très passionné. Son mariage avec Louise-Bathilde d'Orléans le prouve. Il a toujours aimé les plaisirs sensuels. Divorcé ou séparé très tôt de son épouse, il recherche souvent la compagnie de filles légères. Et c'est justement l'une d'elles qu'il a rencontré en Angleterre pendant la Révolution qui deviendra sa maîtresse attitrée. Sophie Dawes, en 1811 (elle a vingt ans) est serveuse dans un hôtel pour aristocrates en manque de chaleur humaine, (en fait, un bordel). Elle est remarquée par un ami du prince. Présentée à lui, l'intérêt du prince pour les talents de la jeune fille ont tôt fait d'éveiller sa curiosité. 
En Angleterre, la pendaison était le moyen d’exécution le plus courant. Tout le monde connaissait donc la particularité physique d’une pendaison qui faisait dire que dans leurs derniers moments les pendus recevaient une dernière « consolation ». Cet état de choses n’était donc certes pas inconnu de la future baronne. Agé de 74 ans le prince n’était plus aussi vif que lors de sa nuit de noces et aurait donc peut-être trouvé dans de courtes strangulations les coups de fouet bienvenu pour satisfaire sa jeune maîtresse. Un accident n’est donc pas à exclure. Cette thèse a l’avantage d’expliquer l’absence de violence et de désordre dans la chambre. 

Il n'en fût pas moins conclu au suicide et le prince Louis de Rohan à la faveur d'une opinion publique outrée par la décision, déposa une plainte au parquet de Pontoise. Désigné pour mener l'instruction, le conseiller de La Huproye après quatre mois d'investigations se résolu à assigner la baronne aux assises. On proposa alors au conseiller une place de substitut pour son gendre s'il acceptait sa mise à la retraite.
Il fut remplacé par Brière-Valigny qui, plus docile, conclut définitivement au suicide. 
Mais le verrou? Le problème du verrou trouva sa solution dans la déclaration de l'ingénieux inspecteur des forêts du prince, Méry-Lafontaine, qui démontra qu'avec un fin lacet il était possible de tirer à soi le verrou tout en refermant la porte. La seule question qui subsite alors, la baronne étrangla-t-elle le prince avec l'intention de le tuer? 


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